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2015-2016

SORTIE CINEMA - UNE HISTOIRE DE FOU - ROBERT GUEDIGUIAN

Par CAROLINE BRUNELIERE-BARON, publié le jeudi 19 novembre 2015 15:08 - Mis à jour le vendredi 20 novembre 2015 16:58

C'est en avant-première que l'ensemble des étudiants de BTS a eu la chance d'aller voir le nouveau film de Robert Guédiguian au cinéma "Le grand Palace", UNE HISTOIRE DE FOU (en salles symboliquement depuis le 11 novembre). Inspiré de personnages réels, il réfléchit aux conséquences et à la mémoire du génocide arménien pour ce triste anniversaire (1915-2015). "Ce que je souhaitais," écrit le réalisateur, "c'était raconter cent ans d'histoire, c'est-à-dire le génocide et ce qu'il a produit sur plusieurs générations. Je voulais raconter l'histoire de la mémoire du génocide, et plus encore l'histoire de la mémoire de cette histoire!" L'objectif était de travailler en CGE (culture générale et expression) sur le thème imposé cette année, JE ME SOUVIENS.

Aram a vingt ans dans les années 80. Il est marseillais d'origine arménienne et vit dans une famille aimante. Si son père ne nie pas être arménien, il ne le revendique pas et cherche avant tout à s'intégrer en France: trente ans à travailler dans son épicerie sans un seul jour de fermeture. Sa grand-mère maternelle, sénile, victime du génocide arménien commis par les Turcs, est restée prisonnière du passé et a la haine: elle passe sa vie à chanter et à ordonner à ses petits-enfants d'empoisonner les Turcs. Sa mère, Anouch, oscille entre les deux mais elle ne cache pas sa fierté de mère méditerranéenne lorsque son fils Aram s'engage dans la lutte armée pour la reconnaissance du génocide arménien. Lors de son premier attentat pourtant, Aram blesse une victime collatérale. Une victime qui ne connaissait rien au génocide arménien. Une victime qui perd l'usage de ses jambes. Une victime qui va chercher à comprendre pour trouver un sens à son sacrifice, Gilles. Pour cela, Gilles va entrer dans le cocon familial d'Aram, jusqu'à comprendre son geste, jusqu'à devenir son frère.

Si les étudiants sont tous restés très attentifs au destin des personnages, ils ont regretté pour la plupart "le jeu d'acteurs peu convaincant" et l'exploitation de "clichés du cinéma" qui rendent certaines scènes trop prévisibles. Ils ont cependant été très sensibles au long prologue, au noir et blanc esthétique, qui met en scène un procès historique et exemplaire et donne l'occasion à un survivant de raconter le génocide, Soghomon Thelirian. Ils ont aussi suivi le parcours initiatique d'Aram, depuis sa chambre d'étudiant sans histoire jusqu'à son entraînement intensif dans la lutte armée. "Certaines victimes deviennent des bourreaux, c'est dans ce paradoxe que le jeune Aram se retrouve. Cela provoque en lui un grand malaise: il est coincé entre la volonté de défendre la cause arménienne et sa culpabilité d'avoir grièvement blessé le jeune Gilles Tessier, innocent et totalement étranger au conflit.

Malgré ses longueurs, ce film est à voir. Sa grande capacité à montrer les ravages psychologiques de la vengeance (aveuglement par la haine, choc) est excellente." Surtout au regard de l'actualité...

Compte-rendu des étudiants de BTS

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